de lolotazoun » Sam 25 Juil 2009 10:53
encore une bonne nouvelles pour NYRSTAR
Nyrstar va redémarrer Balen cette année
Nyrstar va rouvrir les portes de l'usine de fonte de Balen cette année, a déclaré le CEO du groupe dans une interview. "Les cash-flows qu'elle génère nous sont nécessaires. Difficile d'avancer des prévisions en matière de calendrier, mais l'usine ne restera pas inactive pendant une année entière".
Bruxelles (L'Echo) - Depuis l'arrivée à la tête de l'entreprise de Roland Junck, le cours de Nyrstar a repris des couleurs. Le Luxembourgeois a sabré dans les coûts, gommé la dette et regonflé sa trésorerie, insufflant une nouvelle vie à l'action. Depuis le virage stratégique à 180 degrés opéré par Junck, Nyrstar est un producteur intégré de matières premières, actif à la fois dans le raffinage et l'exploitation minière.
Vous avez repris le flambeau au moment où l'entreprise touchait le fond.
E Junck: C'est vrai. Le cours du zinc était au plus bas, notre action valait une poignée d'euros, on nous disait au bord de la faillite. A l'époque, les administrateurs se demandaient comment protéger ce qui resterait de l'entreprise en cas d'effondrement! On ne réfléchissait déjà plus de manière rationnelle… Pour ma part, je sais que j'ai fait le bon choix. Du moins sur le plan personnel. Reste à savoir si ce choix conviendra aussi à l'entreprise. L'avenir nous le dira.
Pourquoi Nyrstar avait-elle périclité?
E Trois facteurs sont à pointer du doigt. Tout d'abord, la stratégie (concentrée sur la fonte de zinc) était peu judicieuse, car Nyrstar dépendait trop largement de tiers, des mines et de la demande de zinc. Ensuite, la direction manquait de proactivité et d'enthousiasme. La structure du groupe ne permettait pas de réagir rapidement à une situation changeante. Et enfin et c'est selon moi le point le plus critique -, la communication était déplorable, tant en interne que vis-à -vis de l'extérieur.
Il y a un mois, vous avez annoncé que l'entreprise se lançait dans l'exploitation minière. Comment abordez-vous ce nouveau défi?
E Nous parcourons le monde à la recherche d'entreprises à acquérir. Les cinq premières années, nous rachèterons une dizaine de mines. Nous n'allons cependant pas aller trop vite en besogne, sans quoi nous risquons de négliger nos fonderies. Or ces deux activités doivent être placées sur un pied d'égalité.
En quoi la nouvelle stratégie est-elle plus judicieuse que l'ancienne?
E Autrefois, nous étions payés pour ce que nous raffinions. Or le prix des contrats, renégocié chaque année, dépendait étroitement du cours du zinc, un paramètre sur lequel nous n'avions bien sûr aucune emprise, ce qui nous fragilisait. En intégrant le groupe verticalement et en développant l'exploitation minière, nous nous assurons une plus grosse part du gâteau.
A la création de la société, le recentrage sur la fonte pure était sans doute judicieux, mais plus maintenant. Nyrstar n'a pas choisi de naître, Umicore et Zinifex ont pris la décision à sa place. Et j'ai toujours douté du bien-fondé de ce choix. Peu après mon arrivée au poste de CEO, j'ai compris que la donne devait changer. Je désirais véhiculer un message convaincant tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'entreprise, de manière à restaurer la confiance perdue.
Avant l'annonce de la réorientation stratégique, Nyrstar a racheté une mine aux Etats-Unis proche de la fonderie de Clarksville. C'est l'exemple à suivre?
E Cette opportunité était exceptionnelle. Nous ne pouvions pas ne pas conclure la transaction au Tennessee. Nous parviendrons encore à trouver des mines proches de nos usines aux Etats-Unis et en Australie, mais en Europe c'est impossible. Nous sommes contraints, comme pour Balen, de faire arriver les concentrés de plus loin.
Les investissements consentis dans l'exploitation minière ne sont-ils pas en contradiction avec les mesures de réduction de coûts?
E Avec ces acquisitions, nous espérons également attirer du personnel et accroître notre expertise. Comme chacun sait, il faut beaucoup de temps et d'argent pour former les effectifs. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas peur de ce qui nous attend. Quand on connaît l'obstacle, on parvient à le surmonter sans peur.
En Belgique, l'usine de fonte de Balen est à l'arrêt depuis bientôt neuf mois. Quels changements faudra-t-il opérer pour pouvoir redémarrer?
E Les coûts doivent baisser. En Australie, nos usines de fonderie nous coûtent la moitié. Celle de Budel, qui se situe pourtant à un jet de pierre de la frontière néerlandaise, est moins coûteuse elle aussi. Pour que Balen revienne au même niveau de coûts que Budel, il faut que nous renégociions le contrat de fourniture d'électricité. Cette entité a la capacité idéale pour être rentable et ce, avec moins de 300.000 tonnes par an. Nous allons donc rouvrir ses portes, car les cash-flows qu'elle génère nous sont nécessaires. Difficile d'avancer des prévisions en matière de calendrier, mais l'usine ne restera pas inactive pendant une année entière.
Vous vous dites prêt à tirer profit du redémarrage de l'économie. Quel signal attendez-vous précisément?
E La Chine. C'est là que la demande doit se rétablir. Les perspectives macroéconomiques sont favorables, contrairement à celles de l'Europe et des Etats-Unis. Mais je ne m'inquiète pas, même si l'embellie ne survient pas cette année. Si c'était le cas, nos résultats s'amélioreraient certes rapidement, mais nous nous exposerions également au risque de flancher, faute de disposer pour l'heure d'une assise suffisamment solide.
La Chine produit un tiers des volumes mondiaux de zinc et peut à ce titre subvenir seule à ses propres besoins. Nous nous devons de l'inclure dans nos réflexions. Cela dit, je ne pense pas que le pays ait l'ambition d'occuper un rôle de leader dans le secteur, même si les Chinois semblent eux aussi chercher à racheter des mines, une manière d'investir dans un levier plus solide que le dollar. Heureusement pour nous, ils manquent généralement de finesse lors des négociations. Ceci étant dit, nous sommes déjà actifs en Chine au travers de plusieurs joint-ventures héritées des sociétés qui ont présidé à la création du groupe, mais nous envisageons de les fermer car le temps que nous devons consacrer à leur gestion est trop important. Reste à savoir de quelle façon…
Il est préférable, dès lors, de réaliser vos acquisitions à court terme. Les prix ont beaucoup baissé dans le secteur.
E Ce qui est important, c'est de tracer une ligne droite et de s'y tenir. Nous n'avons de toute façon aucune emprise sur l'évolution de l'économie. Au cours des cent dernières années, le cours du zinc n'a atteint que cinq fois un sommet. Après les deux guerres mondiales, en 1974 à cause du Japon, en 1999 lors de la chute du Mur de Berlin et en 2007 grâce à l'essor de la Chine. La probabilité s'élève donc à 5 % que le cours du zinc revienne à 4 000 dollars et que notre cours progresse de manière phénoménale! Disons que 1 500 dollars est un objectif plus réaliste…
Préparez-vous Nyrstar à une acquisition par un important acteur du secteur?
E Je ne rends pas la mariée plus belle, non. Je préfère être prédateur que proie. En réalité, ma priorité est la création de valeur actionnariale. Nous espérons que nos efforts se refléteront dans le cours de l'action… Notez que lorsque le titre s'échangeait à 1,50 euro, l'entreprise valait 150 millions d'euros, soit moins que les liquidités. Et pourtant, personne n'a voulu nous racheter.
Nyrstar a-t-il sa place dans le mouvement de consolidation du secteur des matières premières?
E Cette consolidation s'organise dans la cour des grands, avec des acteurs tels que Rio Tinto, BHP Billiton, Anglo American et Xstrata. Nous sommes bien plus petits et devons juste veiller à ce qu'ils ne nous écrasent pas. Pour l'heure, ce mouvement n'a aucune incidence sur le secteur du zinc, ni sur Nyrstar. Contrairement aux minerais de fer, qui sont l'apanage d'une poignée d'acteurs, le zinc constitue un secteur fragmenté. l
Propos reccueillis par Saar Synaeve et Roel Verrycken (Traduction: Cécile Papaleo)
06:00 - 25/07/2009 Copyright © L'Echo.be
c en forgeant que l'on devient forgeron, c en troquant que l'on devient trop con et c en sciant que léonard devint scie.