Une fois n’est pas coutume, abordons un investissement n’ayant aucun rapport avec la bourse : le photovoltaïque.Cet article est en effet dédié à tous ceux qui, comme moi auparavant, pensent encore que écologie et économie ne vont pas de pair. L’objectif est de démontrer que ce placement mérite d’être envisagé très sérieusement dans votre stratégie d’investissement.
Longévité accrue
Tout d’abord, commençons par nous débarrasser d’une idée préconçue quant à la pérennité de cette technologie, selon laquelle les panneaux ont une durée de vie limitée et doivent être remplacés avant même la fin de l’amortissement.
Ce défaut était en effet bel et bien inhérent aux premières générations de panneaux solaires qui associaient un rendement très faible, c’est-à -dire la capacité de transformer l’énergie solaire en électricité, à une usure prématurée et donc à un rendement décroissant d’années en années.
Le fait est qu’aujourd’hui les meilleurs panneaux photovoltaïques offrent non seulement un rendement plus important (supérieur à 18%) mais sont surtout associés à une double garantie ; aussi bien sur le matériel (10 ans de garantie) que sur le rendement : au bout de 25 ans, vos panneaux produiront encore 80% du rendement originel.
L’investisseur, rassuré sur la longévité de son installation, peut alors commencer à envisager un achat et dès lors à procéder à ses calculs.
Le coût de l’installation
Vous vous en doutez, celui-ci est directement proportionnel à la puissance installée et dépendra des besoins énergétiques de chacun. Pour vous faire une idée de la consommation électrique de votre foyer, jetez un oeil dans le récapitulatif de consommation annuelle que vous envoie chaque année votre fournisseur d’électricité.
Prenons un exemple concret en observant un ménage qui consommerait 3000KWh/an.
Pour 3000KWh, il faudra une installation de 3600KWc. Le kilowatt crête est en fait la puissance produite par un m² de cellules exposées à 1000W d’énergie lumineuse, le tout à 25° et sous une pression atmosphérique de 1.5 ; ces conditions seront respectées dans un laboratoire mais jamais sur votre toit, d’où le facteur correctif de 0.83 pour la Belgique.
A l’heure actuelle, il est possible de trouver une installation de ce type pour 5 euros/Wc. En faisant un rapide calcul, le montant à investir est donc de 18000 euros.
Les aides financières : la prime énergie
En Wallonie, la prime s’élève à 20% de votre investissement, avec un plafond fixé à 3500 euros.
En Région Bruxelloise, elle est de 3 euros/Wc, avec un maximum remboursable de 50% de votre investissement. Attention, depuis 2009 des conditions d’isolation doivent être respectées : votre habitation doit être équipée de double vitrage et le toit doit être isolé.
La réduction d’impôts
Elle est de 40% du montant de la facture TTC, à raison de maximum 3600 euros/an, étalable sur trois ans. De plus, les Taxes communales sont évitées grâce à cette réduction.
Les primes communales
Quelques rares communes proposent des primes vertes allant de 500 à 1000 euros pour l’installation de vos panneaux. Il suffit de vous renseigner à votre Administration Communale.
Le coût réel de l’investissement
Wallonie : en étudiant l’hypothèse d’un investissement de 18000 euros, et en retirant de celui-ci les divers incitants financiers, c’est-à -dire 3500 euros de prime, 7200 euros de réduction d’impôts et 612 euros de taxe communale à 8,5%, nous obtenons un investissement réel de 6688 euros.
Bruxelles : en investissement également 18000 euros et en soustrayant de celui-ci les diverses aides, c’est-à -dire 9000 euros de prime, 7200 euros de réduction d’impôts et 432 euros de taxe communale à 6%, nous obtenons un investissement réel d’à peine 1368 euros !
Les revenus que vous tirerez de votre installation
Avec ce type d’installation photovoltaïque, l’économie directe sur votre facture d’électricité est de 600 euros par an. En outre, elle vous permettra d’obtenir des certificats verts (CV). Vous obtiendrez ainsi 7 certificats verts par 1000 Kw produits en Wallonie et 7,27 certificats verts par 1000 Kw produits en Région Bruxelloise.
Ces certificats sont cotés sur www.CWape.be, et ont une valeur de revente minimale fixée à 65€ pour les 15 prochaines années (ils s’échangent depuis 2003 entre 84.38€ et 92.29€).
Reprenons notre exemple de l’installation à 3000KWh. Avec cette puissance électrique, vous obtiendrez 21 certificats, c’est-à -dire une valeur de revente d’au moins 1365 euros par an.
Le rendement annuel
Selon la Région, l’installation sera amortie après 2 ou 4 années. Ensuite, le dividende minimal sera de 1965€/an, soit 10.9% de la somme investie.
En prenant en compte une augmentation du coût de l’énergie de 3%/an et une perte de 1%/an de l’efficacité des panneaux, le rendement annuel sur 15 ans (avec les CV à leur taux minimum garantis de 65€) est de 8,9% en Wallonie et 10,85% à Bruxelles.
En 2009, le photovoltaïque présente une opportunité d’investissement exceptionnelle. Il faut cependant être conscient que ce rendement est en grande partie lié aux primes et réductions d’impôts. Sans ces aides, qui pourraient être purement et simplement non reconduites l’année prochaine (à l’exception des certificats verts, garantis pour 15 ans), le rendement annuel resterait cependant à un taux honorable de 4.54%.
Article écrit par Gemini, Dividende.be ©
Toute reproduction, même partielle, de cet article est formellement interdite.






