Je pensais poster ceci dans le topic ablynx puis je me suis dit que le sujet était suffisamment général pour valoir un post à lui tout seul.
Je vois de plus en plus la valeur ablynx citée sur ce forum, produit d'avenir, superbe potentiel, indispensable, excellent...
Il y a juste un truc qui me chiffonne, pour l'instant on en est nulle part au niveau efficacité potentielle de leurs créations.
Je vois leur pipeline, il n'y a que des préclinique, phase I, Ib et phase II en cours.
Voici à quoi correspondent ces différentes phases (honteusement pompé de wikipedia, j'avoue avoir été fainéant sur le coup):
La phase Pré-clinique
Elle consiste en l'étude de la molécule, la structure, l'effet sur les cellules, l'effet sur l'animal niveau comportemental et biologique, l'étude des organes cibles. Le but étant de déterminer la DL50 (Dose Létal 50). Bien souvent l'extrapolation à l'homme est difficile. Ex : La morphine est sédative pour l'homme, mais c'est un excitant pour le chat.
Étude de phase I
Une étude de phase I est le préliminaire à l'étude d'efficacité d'un médicament. Elle a lieu après la phase Pré-clinique. Il s'agit d'évaluer la tolérance et l'absence d'effets secondaires chez des sujets le plus souvent volontaires sains, rémunérés pour cela. Parfois ces essais peuvent être proposés à des patients en impasse thérapeutique, pour lequel le traitement étudié représente la seule chance de survie.
Cette phase permet également d'étudier la cinétique et le métabolisme chez l'homme de la substance étudiée.
Les groupes étudiés sont le plus souvent de petite taille (20 à 80 participants).
Certains médicaments dont on sait par nature qu'ils sont toxiques (par exemple les anticancéreux) ne font pas l'objet d'une phase I et entrent directement en phase II.
Étude de phase II
Elle consiste à déterminer la dose optimale du médicament concerné par l'étude et de contrôler les effets secondaires. Cette phase fait appel à des groupes de 20 à 300 participants malades.
Étude de phase III
Est l'étude comparative d'efficacité proprement dite. Elle compare le traitement soit à un placebo, soit à un traitement de référence. Les groupes sont de taille importante, souvent plusieurs milliers de participants. Il s'agit de programmes extrêmement onéreux, payés par les compagnies pharmaceutiques. Compte tenu des enjeux financiers, certaines dérives éthiques ont été dénoncées8
Étude de phase IV ou post-marketing
Il s'agit du suivi à long terme d'un traitement et de dépister des effets secondaires rares ou des complications tardives.
En gros, avant les résultats de la phase deux, on a aucune idée de l'efficacité du produit, et celle-ci ne sera vraiment démontrée qu'en phase 3.
En phase 1, on s'assure juste que le produit n'est pas trop dangereux, en général sur des volontaires sains et on regarde comment il est transformé par le corps.
La route est longue entre une phase 1 et une commercialisation. Une infime portion des produits étudiés en phase 1 se retrouve sur le marché. Et une partie de ceux-ci seulement sont des réussites commerciales.
Entre la fin de la phase 3 et la commercialisation se passe d'ailleurs un grand laps de temps: il faut obtenir une autorisation de mise sur le marché (FDA, EMEA) et puis seulement discuter d'un éventuel remboursement du produit (sans lequel le succès commercial du produit est peu probable).
En suivant le cours de nombreuses biotechs, un investissement de type "long" sur celles-ci me semble un bien mauvais choix.
En effet, même pour une molécule qui suit tout le parcours, sans encombre majeur, de la phase 1 à la commercialisation, le cours est tout sauf une montée croissante. Parfois, le cours avant commercialisation est même inférieur à celui en fin de phase 2!
Une hausse lors des résultats sera quasi toujours suivie d'une baisse (c'est une biotech, ça reste spéculatif, il y a donc principalement des gens ayant un objectif court), la société devra en général augmenter ses finances en éditant de nouveaux titres, diluant les parts des actionnaires "longs"...
Et on ne prend pas encore en compte l'impact dévastateur d'un résultats moins positif que prévu d'une étude, du risque de voir un concurrent présenter un produit équivalent, ou encore l'arrêt pure et simple des études.
Où veut-il en venir avec tout ça vous demandez-vous?
C'est simple, pour moi, un investissement de type long dans une biotech est un non-sens.
On s'expose à des risques importants, on se prend en pleine figure des dilutions, des chutes abyssales pour au final avoir le même PRU que l'investisseur qui sera rentré quelques semaines avant la mise sur le marché du produit.
La seule différence c'est que vous aurez probablement perdu quelques années d'espérance de vie avec le stress engrangé.
Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas investir sur des biotechs (on va pas cracher dans la soupe, en choisissant bien, il y a moyen de gagner énormément) mais il faut savoir rentrer et sortir au bon moment et être conscient des risques sous-jacents. Et ne pas considérer ça comme un investissement sur.
Maintenant, vous n'êtes pas obligés de partager cet avis, merci dans débattre.



